USA : une carte interactive révèle les lieux où les autorités utilisent la reconnaissance faciale

Souriez, vous êtes filmés ! Les localités américaines ont toujours plus recours à la reconnaissance faciale. Une technologie perçue comme un gage de sécurité par les autorités, outre-Atlantique, mais qui n’est pas sans poser des questions d’ordre éthique. Les citoyens seraient-ils espionnés, suivis dans leurs déplacements ? C’est pour permettre à ces derniers d’éviter les secteurs concernés que l’association de défense des droits numériques Fight for the Future a mis en ligne jeudi 18 juillet 2019 une carte interactive, qui recense les différents usages faits de cette technologie par les autorités aux quatre coins du pays.

UN FRONT ANTI-RECONNAISSANCE FACIALE

La carte n’est pas encore exhaustive. Fight for the Future va l’alimenter, au fur et à mesure que les données seront rendues publiques par les administrations… ou que les articles de presse relaieront des témoignages. Dans plusieurs Etats, parmi lesquels le Texas, la Floride ou l’Illinois, le FBI a recours à la reconnaissance faciale pour identifier des personnes dans la rue à partir d’une base de données qui regroupe l’ensemble des permis de conduire… et dont les informations sont donc détournées de leur mission première à des fins de surveillance. Une quarantaine de partenariats a par ailleurs été recensée par l’association entre diverses forces de police et le logiciel d’analyse vidéo Ring – propriété d’Amazon, qui assure que l’outil « n’exploite pas la reconnaissance faciale » bien qu’un brevet ait été déposé en ce sens. De nombreux aéroports utilisent, pour leur part, cette technologie pour réaliser les contrôles aux frontières.

La publication de cette carte interactive fait partie de la campagne que mène Fight for the Future en faveur d’une interdiction pure et simple, au niveau fédéral, de l’usage de la reconnaissance faciale dans l’espace public. Le Congrès n’envisageant a priori pas une telle mesure dans l’immédiat, les localités avancent au cas par cas. Le 14 mai 2019, San Francisco (Californie) est devenue la première ville du pays à interdire à ses forces de police d’avoir recours à cette technologie. Un mouvement suivi sans attendre par Oakland (Californie) et Somerville (Massachusetts). Si les militants anti-reconnaissance faciale disent comprendre l’intérêt de celle-ci, ils redoutent surtout un « effet délétère sur les libertés individuelles ». Exemple de la traque la minorité ouïghoure en Chine à l’appui.

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